Mikao Usui a transmis sa méthode à un très grand nombre de personnes en seulement quelques années. Pourtant, nous ne connaissons aujourd’hui avec certitude qu’une petite partie de ses élèves. Certains ont poursuivi son enseignement au sein de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai, tandis que d’autres ont développé leur propre manière de pratiquer et de transmettre le Reiki.

Cette première génération est essentielle pour comprendre la suite de l’histoire. Lorsque Mikao Usui meurt en mars 1926, son enseignement est déjà suffisamment développé pour que plusieurs de ses élèves puissent en assurer la continuité.

C’est également à partir de cette période que les différentes voies de transmission commencent à se distinguer. Juzaburo Ushida puis Kan’ichi Taketomi poursuivent l’organisation créée autour de Mikao Usui, tandis que Toshihiro Eguchi, Kaiji Tomita ou Chujiro Hayashi suivent progressivement d’autres orientations.

Comprendre les premiers élèves de Mikao Usui permet de mieux saisir pourquoi le Reiki s’est transmis par plusieurs lignées et pourquoi celles-ci ne pratiquent pas toujours de la même manière aujourd’hui.

Des milliers d’élèves, mais peu de noms nous sont parvenus

Dans l’entretien conservé dans l’Usui Reiki Hikkei, Mikao Usui affirme avoir déjà enseigné sa méthode à plus d’un millier de personnes.

La stèle commémorative érigée par ses élèves en 1927 indique pour sa part que plus de deux mille personnes avaient reçu son enseignement.

Malgré ces chiffres, nous sommes très loin de connaître l’identité de tous ses élèves.

Seule une petite partie des noms apparaît dans les documents anciens, les témoignages japonais ou les recherches consacrées aux premières générations du Reiki.

Parmi les personnes régulièrement associées à l’enseignement de Mikao Usui figurent notamment Juzaburo Ushida, Kan’ichi Taketomi, Toshihiro Eguchi, Chujiro Hayashi, Kaiji Tomita, Yoshiharu Watanabe, Hoichi Wanami ou encore Keizo Ogawa.

D’autres noms apparaissent dans des témoignages recueillis beaucoup plus tard, mais leur relation exacte avec Mikao Usui est parfois plus difficile à établir.

Tous les élèves de Mikao Usui n’ont pas reçu le même enseignement

Le chiffre de deux mille élèves ne signifie évidemment pas que deux mille personnes aient suivi l’ensemble du parcours jusqu’au niveau le plus avancé.

L’Usui Reiki Hikkei montre clairement que l’apprentissage était progressif.

Le premier niveau est appelé :

初伝 — Shoden — enseignement initial

L’élève pouvait ensuite accéder à :

奥伝 — Okuden — enseignement approfondi

puis, pour les plus avancés, à :

神秘伝 — Shinpiden — enseignement profond

Dans l’Usui Reiki Hikkei, Mikao Usui précise d’ailleurs qu’Okuden n’est pas transmis automatiquement à toutes les personnes ayant commencé Shoden. Il le réserve aux élèves qui pratiquent sérieusement et dont le comportement est jugé satisfaisant.

Le terme « élève » peut donc recouvrir des parcours très différents : une personne ayant reçu les premières bases de la méthode, une autre ayant poursuivi son apprentissage pendant plusieurs mois ou plusieurs années, ou encore un pratiquant suffisamment avancé pour participer lui-même à la transmission.

Combien d’élèves ont atteint les niveaux les plus avancés ?

Plusieurs chiffres circulent depuis longtemps dans la littérature consacrée au Reiki.

Il est souvent affirmé que Mikao Usui aurait formé environ soixante-dix personnes à Okuden et dix-neuf au niveau le plus élevé. D’autres sources parlent de vingt et un ou vingt-deux élèves avancés.

Ces nombres sont devenus très courants, mais ils ne sont pas établis avec la même solidité que le nombre total d’élèves mentionné sur la stèle commémorative.

La stèle indique que plus de deux mille personnes avaient reçu l’enseignement de Mikao Usui, tandis que l’Usui Reiki Hikkei confirme l’existence de Shoden, Okuden et Shinpiden. Aucun de ces deux documents ne nous fournit cependant une liste complète des élèves classés selon leur niveau.

Nous pouvons donc raisonnablement considérer qu’un groupe beaucoup plus restreint avait poursuivi l’enseignement jusqu’aux niveaux les plus avancés, sans transformer pour autant les chiffres transmis ultérieurement en certitudes historiques.

Shinpiden et la notion moderne de « Maître Reiki »

Une autre difficulté apparaît lorsque nous cherchons à faire correspondre les niveaux japonais de l’époque de Mikao Usui avec ceux qui sont aujourd’hui enseignés en Occident.

Shinpiden est fréquemment assimilé au niveau de « Maître Reiki ». Cette correspondance permet de comprendre qu’il s’agit d’un enseignement très avancé, mais elle peut devenir trompeuse si nous imaginons que son fonctionnement était exactement celui des formations modernes.

Shinpiden signifie avant tout « enseignement profond ».

Les documents disponibles ne permettent pas d’affirmer que toute personne ayant reçu Shinpiden obtenait automatiquement le même statut ou les mêmes responsabilités qu’un enseignant Reiki actuel.

Dans certaines transmissions japonaises, la fonction d’enseignant sera d’ailleurs désignée par le terme :

師範 — Shihan — instructeur ou enseignant qualifié

Pour parler des premières générations, il est donc préférable de conserver autant que possible les appellations japonaises plutôt que de leur appliquer automatiquement les catégories utilisées aujourd’hui.

Juzaburo Ushida, deuxième président de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai

Juzaburo Ushida occupe une place particulière parmi les élèves de Mikao Usui.

Officier de carrière de la Marine impériale japonaise, où il atteignit le grade de contre-amiral, il devient après la mort de Mikao Usui le deuxième président de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai.

Cette fonction permet de mieux comprendre sa place dans l’histoire du Reiki. Ushida n’est pas seulement un élève avancé : il assure la continuité institutionnelle de l’organisation fondée autour de Mikao Usui.

Son nom est également directement associé à la stèle commémorative érigée en 1927. Le texte de cette stèle fut composé par Masayuki Okada, tandis que Juzaburo Ushida en réalisa la calligraphie.

Un an seulement après la mort de Mikao Usui, Ushida participe donc directement à la conservation de sa mémoire et à la transmission de ce que ses élèves considéraient comme les éléments importants de sa vie et de son enseignement. Des témoignages japonais plus tardifs lui attribuent également un rôle dans l’organisation et l’évolution de certaines pratiques de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai.

Son rôle de successeur à la tête de l’organisation est bien établi. En revanche, il est plus difficile de déterminer précisément quelles modifications de la méthode peuvent lui être attribuées personnellement.

Kan’ichi Taketomi poursuit la transmission au sein de la Gakkai

Kan’ichi Taketomi appartient lui aussi au groupe des élèves importants de Mikao Usui.

Après Juzaburo Ushida, il devient le troisième président de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai et poursuit ainsi la transmission au sein de l’organisation japonaise.

Son importance apparaît également à travers une lignée qui pourra encore être retracée plusieurs décennies plus tard.

Fumio Ogawa donne notamment la transmission suivante :

Mikao Usui

Kan’ichi Taketomi

Keizo Ogawa

Fumio Ogawa

Cette lignée est particulièrement intéressante parce qu’elle ne passe ni par Chujiro Hayashi ni par Hawayo Takata.

Elle constitue ainsi l’un des témoignages de la continuité du Reiki au Japon parallèlement à la branche qui deviendra beaucoup plus connue en Occident.

Toshihiro Eguchi et le développement des pratiques par les mains

Toshihiro Eguchi est l’un des personnages les plus intéressants de cette première génération, même si plusieurs aspects de son parcours restent encore difficiles à préciser.

Il est généralement présenté comme un élève de Mikao Usui et semble avoir possédé avant ou parallèlement à cette rencontre une expérience personnelle des pratiques énergétiques par les mains.

Après la mort de Mikao Usui, il développe sa propre organisation :

Tenohira Ryōji Kenkyūkai
association de recherche sur la pratique par les paumes

Il publie également des ouvrages consacrés à ces pratiques et contribue à leur diffusion auprès d’un public plus large.

Son parcours montre que la transmission issue de Mikao Usui ne s’est pas poursuivie uniquement à l’intérieur de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai.

Plusieurs témoignages tardifs attribuent à Eguchi un rôle important dans l’introduction ou la transformation de certaines techniques. Ces informations sont intéressantes, mais leur origine est souvent beaucoup plus récente que les événements eux-mêmes.

Il est donc préférable de distinguer l’existence bien documentée de son propre enseignement des affirmations beaucoup plus difficiles à vérifier concernant chacune des modifications qu’il aurait apportées au Reiki.

Kaiji Tomita et une autre branche du Reiki japonais

Kaiji Tomita est beaucoup moins connu que Hayashi ou Ushida, mais il constitue une source particulièrement intéressante pour comprendre la diversité du Reiki japonais dans les années qui suivent Mikao Usui.

Il est associé à l’enseignement du Reiki dans les années 1920 et à la branche d’Osaka de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai.

Il est souvent présenté comme un élève direct de Mikao Usui. Les informations disponibles invitent toutefois à conserver une certaine prudence : Tomita aurait reçu l’enseignement d’un instructeur venu du siège de Tokyo, et l’identification de cet enseignant à Mikao Usui lui-même n’est pas absolument certaine.

Son importance historique repose surtout sur un document beaucoup plus concret.

En 1933, il publie un ouvrage consacré à sa méthode :

Reiki to Jinjutsu — Tomita-ryū Teate Ryōhō
Reiki et art bienveillant — méthode de traitement par les mains de l’école Tomita

Ce livre est précieux parce qu’il paraît seulement quelques années après la mort de Mikao Usui.

Tomita y décrit différentes pratiques, des positions des mains, des exercices et certains aspects de l’enseignement qu’il avait reçu dans les années 1920.

Son ouvrage nous offre ainsi un aperçu d’une branche japonaise du Reiki qui s’est développée indépendamment de la transmission Hayashi-Takata.

Chujiro Hayashi et la branche qui conduira le Reiki vers l’Occident

Parmi les élèves de Mikao Usui, Chujiro Hayashi deviendra de loin le plus connu en Occident.

Cette célébrité a parfois conduit à une confusion importante : Hayashi n’a pas succédé à Mikao Usui à la tête de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai.

Après la mort de Mikao Usui, la présidence de l’organisation revient d’abord à Juzaburo Ushida, puis à Kan’ichi Taketomi.

Hayashi appartient bien à la première génération d’élèves avancés, mais sa place dans l’histoire est différente.

Officier de carrière de la Marine impériale japonaise, il rejoint l’enseignement de Mikao Usui relativement tard, probablement en 1925. Il ne reste donc auprès de lui qu’une période assez courte avant sa mort en mars 1926.

Hayashi poursuit ensuite sa pratique et développe progressivement son propre cadre d’enseignement, notamment au sein du :

Hayashi Reiki Kenkyūkai

Son approche semble avoir accordé une place importante à l’organisation des séances, aux positions des mains et à une pratique structurée auprès des personnes qui venaient le consulter.

Plusieurs praticiens pouvaient notamment intervenir auprès d’une même personne dans son centre.

Hayashi formera ensuite Hawayo Takata, qui recevra son enseignement au Japon à partir de 1935 avant d’être reconnue en 1938 comme enseignante du système Reiki transmis par Hayashi.

C’est principalement par cette branche que le Reiki se diffusera ensuite à Hawaï, en Amérique du Nord puis dans une grande partie du monde.

L’importance historique de Hayashi est donc immense, mais elle ne vient pas d’une présidence de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai. Elle vient surtout de l’évolution de sa propre transmission et du rôle déterminant qu’elle jouera dans la diffusion internationale du Reiki.

Son parcours mérite à lui seul une ressource complète et sera donc développé séparément.

La transmission japonaise ne s’est pas limitée à la lignée Hayashi-Takata

Pendant longtemps, l’histoire du Reiki enseignée en Occident a été essentiellement résumée par la succession :

Mikao Usui → Chujiro Hayashi → Hawayo Takata

Cette lignée est fondamentale pour comprendre la diffusion internationale du Reiki, mais elle ne représente qu’une partie de son histoire.

Au Japon, l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai poursuit son activité après la mort de Mikao Usui.

Juzaburo Ushida en devient le deuxième président, suivi par Kan’ichi Taketomi. Yoshiharu Watanabe puis Hoichi Wanami exerceront eux aussi cette fonction au cours des décennies suivantes.

Parallèlement, certaines transmissions continuent au sein de familles ou de groupes plus restreints, tandis que des élèves comme Eguchi ou Tomita développent leurs propres approches.

Le Reiki japonais ne dépend donc jamais d’une seule branche.

Fumio Ogawa, témoin d’une transmission japonaise différente

Fumio Ogawa n’a pas connu Mikao Usui et ne fait donc pas partie de ses élèves directs.

Son témoignage reste néanmoins précieux pour comprendre ce qui a continué à être transmis au sein de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai.

Né en 1906, il reçoit le Reiki de son père, Keizo Ogawa, lui-même élève de Kan’ichi Taketomi.

En 1991, Fumio Ogawa publie à titre privé un ouvrage intitulé Tout le monde peut faire du Reiki, dans lequel il rassemble des éléments issus de sa famille, de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai et de sa propre expérience.

Son témoignage évoque notamment la pratique du :

霊授 — Reiju

ainsi que des rencontres durant lesquelles cette transmission était régulièrement reçue.

Même si son témoignage est bien postérieur à Mikao Usui, il permet de suivre une continuité japonaise qui ne passe pas par Hayashi et Takata.

C’est notamment grâce à ce type de documents que l’histoire du Reiki japonais a pu être redécouverte et progressivement mieux comprise à partir de la fin du XXe siècle.

Des témoignages plus difficiles à vérifier

Certaines recherches consacrées aux élèves de Mikao Usui mentionnent également plusieurs femmes, souvent désignées sous les noms de Tenon-in, Yuri-in et Suzuki-san.

Ces récits sont particulièrement intéressants parce qu’ils affirment parfois que certaines d’entre elles auraient étudié auprès de Mikao Usui avant sa retraite de 1922.

Des dates comme 1915 ou 1920 apparaissent ainsi dans certaines transmissions.

Si elles pouvaient être confirmées, ces informations modifieraient sensiblement la chronologie généralement retenue, puisqu’elles indiqueraient que Mikao Usui enseignait déjà certaines pratiques plusieurs années avant le développement public de son Reiki Ryōhō.

Ces témoignages sont cependant apparus très tardivement et leur provenance est difficile à vérifier.

Ils peuvent conserver des éléments authentiques, mais ils ne disposent pas actuellement du même niveau de documentation que les informations concernant Ushida, Taketomi, Hayashi ou d’autres personnes dont nous pouvons retrouver la trace dans des documents plus proches des événements.

Je préfère donc les conserver comme pistes de recherche sans présenter leurs biographies ou leurs dates de rencontre avec Mikao Usui comme des faits définitivement établis.

Les premiers élèves n’ont pas tous transmis le Reiki de la même manière

Lorsque l’on compare les différentes branches issues des premières générations, on constate rapidement qu’elles ne transmettent pas exactement les mêmes pratiques.

Les différences concernent notamment :

  • l’organisation des niveaux ;
  • certaines techniques de pratique ;
  • la place donnée aux positions des mains ;
  • les méthodes de perception comme Byōsen ou Reiji ;
  • la fréquence et la forme du Reiju ;
  • l’utilisation des symboles ;
  • et l’équilibre entre pratique énergétique et travail intérieur.

Une partie de ces différences provient probablement d’évolutions intervenues après la mort de Mikao Usui.

Mais il est également possible que tous ses élèves n’aient pas reçu exactement les mêmes éléments. L’enseignement pouvait varier selon leur niveau, leur progression, la période durant laquelle ils étudiaient auprès de lui ou encore leur propre parcours.

Mikao Usui n’a enseigné publiquement sa méthode que pendant quelques années. Il est donc tout à fait possible que son propre enseignement ait continué à évoluer durant cette période.

Il serait par conséquent hasardeux d’imaginer qu’une méthode parfaitement figée aurait été transmise de manière strictement identique à chacun de ses élèves.

Après la mort de Mikao Usui, plusieurs voies de transmission se développent

La mort de Mikao Usui, le 9 mars 1926, ne met pas fin à son enseignement.

Au sein de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai, la continuité est d’abord assurée par Juzaburo Ushida, puis par Kan’ichi Taketomi et leurs successeurs.

Toshihiro Eguchi développe de son côté sa propre école consacrée aux pratiques par les mains.

Kaiji Tomita poursuit lui aussi une voie distincte et publie quelques années plus tard un ouvrage témoignant de sa manière de pratiquer.

Chujiro Hayashi développe quant à lui une organisation indépendante dont la transmission conduira à Hawayo Takata puis à la diffusion internationale du Reiki.

D’autres lignées continuent parallèlement à circuler dans différents groupes et familles japonaises.

Usui Reiki Ryōhō Gakkai
Juzaburo Ushida succède à Mikao Usui à la présidence de l’organisation, puis Kan’ichi Taketomi poursuit cette transmission.

Toshihiro Eguchi
Il développe sa propre voie autour des pratiques réalisées avec les mains.

Kaiji Tomita
Sa transmission donne naissance à une autre branche japonaise dont un ouvrage publié en 1933 conserve la trace.

Chujiro Hayashi
Il développe son propre cadre de pratique et d’enseignement. Sa transmission conduira ensuite à Hawayo Takata et jouera un rôle déterminant dans la diffusion mondiale du Reiki.

Une lignée permet de suivre une transmission, pas de raconter toute l’histoire

Lorsque nous présentons aujourd’hui une lignée Reiki, nous suivons généralement une succession d’enseignants permettant de remonter jusqu’à Mikao Usui.

Cette traçabilité est importante. Elle permet de savoir par quelles personnes un enseignement nous est parvenu.

Elle ne raconte cependant jamais à elle seule toute l’histoire du Reiki.

La succession Mikao Usui → Chujiro Hayashi → Hawayo Takata retrace la branche qui a joué le rôle principal dans la diffusion occidentale.

Elle ne raconte ni la continuité de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai au Japon, ni les transmissions issues d’Eguchi, de Tomita ou d’autres élèves et groupes japonais.

Une lignée ne permet pas non plus de démontrer que chaque geste, chaque technique et chaque protocole sont restés parfaitement identiques au fil des générations.

Elle indique avant tout par qui l’enseignement a été transmis.

Pourquoi existe-t-il aujourd’hui autant de manières de pratiquer le Reiki ?

Les différences observées aujourd’hui entre les écoles de Reiki sont parfois attribuées uniquement aux transformations intervenues après son arrivée en Occident.

L’histoire des premières générations montre que la situation est plus complexe.

Des orientations différentes apparaissent déjà au Japon après Mikao Usui.

Certains de ses élèves restent étroitement liés à l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai. D’autres développent leur propre organisation, modifient la manière de structurer les séances ou mettent davantage l’accent sur certaines pratiques.

Les générations suivantes poursuivront à leur tour ces évolutions.

Il n’est donc pas surprenant que deux personnes possédant toutes les deux une lignée remontant à Mikao Usui puissent aujourd’hui pratiquer ou enseigner différemment.

La question la plus intéressante n’est peut-être pas de chercher laquelle posséderait « le seul Reiki authentique », mais plutôt de comprendre ce qu’elle transmet, de quelle branche cet enseignement provient et comment il a évolué avant de lui parvenir.

Ce que les premiers élèves nous apprennent sur la transmission du Reiki

L’étude des premiers élèves de Mikao Usui nous oblige finalement à abandonner une vision trop simple de l’histoire.

Mikao Usui n’a pas confié l’ensemble de son enseignement à un unique successeur qui l’aurait ensuite transmis sans changement.

Il a enseigné à un très grand nombre de personnes. Certaines n’ont probablement reçu que les premières étapes de la méthode, tandis que d’autres ont poursuivi leur apprentissage jusqu’à pouvoir participer elles-mêmes à sa transmission.

Après sa mort, plusieurs de ces élèves ont continué à pratiquer et à enseigner.

Juzaburo Ushida puis Kan’ichi Taketomi ont assuré la continuité de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai. Eguchi et Tomita ont suivi d’autres voies. Hayashi a développé une transmission qui, par Hawayo Takata, allait ensuite connaître une diffusion internationale considérable.

D’autres branches sont restées essentiellement japonaises et n’ont été redécouvertes en Occident que plusieurs décennies plus tard.

C’est cette diversité qui explique en grande partie pourquoi l’histoire du Reiki ne peut pas être résumée à une seule succession de trois ou quatre noms.

En résumé

Mikao Usui a transmis sa méthode à un nombre considérable de personnes entre 1922 et 1926. L’Usui Reiki Hikkei rapporte qu’il avait déjà enseigné à plus d’un millier de personnes, tandis que la stèle commémorative de 1927 évoque plus de deux mille élèves.

Tous n’ont cependant pas suivi le même parcours. L’Usui Reiki Hikkei confirme une progression comprenant Shoden, Okuden et Shinpiden, mais le nombre exact de personnes ayant atteint les niveaux les plus avancés reste difficile à établir.

Après la mort de Mikao Usui, Juzaburo Ushida devient le deuxième président de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai. Kan’ichi Taketomi lui succédera comme troisième président et poursuivra cette transmission au sein de l’organisation japonaise.

Toshihiro Eguchi et Kaiji Tomita développeront d’autres voies, tandis que Chujiro Hayashi constituera progressivement sa propre branche. Contrairement à une idée longtemps répandue en Occident, Hayashi n’a pas succédé à Mikao Usui à la présidence de l’Usui Reiki Ryōhō Gakkai. Son importance tient surtout à la transmission qui conduira ensuite à Hawayo Takata et à la diffusion mondiale du Reiki.

Parallèlement, d’autres transmissions japonaises continueront d’exister, notamment au sein de la Gakkai, de différentes familles et de groupes moins connus en Occident.

La mort de Mikao Usui ne marque donc pas seulement la fin de la période fondatrice du Reiki. Elle marque le début de plusieurs voies de transmission qui, tout en partageant une origine commune, vont progressivement évoluer et donner naissance à la diversité des pratiques Reiki que nous connaissons aujourd’hui.